Yann et Zoé

Il y pensait depuis un petit moment déjà. Cette pensée le tourmentait. Devait-il le faire ? Ne le regretterait-il pas ? se demandait-il souvent. Cette femme le fascinait. Elle était l’objet de son obsession. Il aimait cette femme mais sa décision était prise. En était-il sûr ? Il se forçait à y croire. Cette décision, il l’avait murie au fil de plusieurs jours, pesant le pour et le contre. Il se disait que c’était la meilleure chose à faire. Pour se libérer l’esprit et le cœur, il n’avait pas d’autre alternative. Il allait donner vie à une envie, un désir qui lui hantait l’esprit depuis plusieurs semaines.

Il lui téléphona un après-midi de vendredi pour lui proposer une rencontre le lendemain matin un peu avant midi à la plage. Cela lui convenait parfaitement. Peut-être avait-elle la même envie.

La vingtaine à peine entamée, Yann faisait parti de ces hommes dominants qui font dire à quasi-toute la gente féminine « Qu’il est mignon celui-là ». Il savait y faire avec les femmes, son tableau de chasse pouvait en témoigner. Il avait eu beaucoup de femmes dans sa vie, mais ne s’en vantait pas. Il n’était pas de ce genre d’homme faible, éternel indécis qui pour compenser quelque complexe faisait preuve d’ostentation dans leurs actes et paroles. Il était humble mais fier, un peu trop fier.

Il rencontra fortuitement cette femme grâce à un ami commun. Elle lui avait tapé dans l’œil, il la voulait. Elle était de ce type de femme que tout homme devrait connaitre au moins une fois dans sa vie. Presque la vingtaine, elle semblait se bonifier avec le temps. De mémoire d’homme, les dieux auront rarement vu pareille beauté. Entre résistance et hypocrisie féminine, elle finit par accepter ses avances. Dès lors ils se lancèrent tous deux dans une relation de folie. « Dire que nous sommes vraiment vite allés toi et moi serait un euphémisme. En général quand je prononce cette phrase, en vrai je ne parle pas de tout ce que nous avons pu expérimenter physiquement (même si…). En réalité, je fais  référence à la place que chacun de nous j’ose le croire occupe dans la vie de l’autre. » Lui disait-elle souvent.

Assis tout seul dans le sable le regard perdu à l’horizon, il se livrait en attendant sa venue à un monologue intérieur. Il se disait ceci « Nous avons souvent rompu. De même, nous nous sommes souvent remis ensemble. Mais je crois que cette rupture sera définitive. Je n’en suis pas triste. En fait j’ai trouvé mieux ailleurs, du moins j’ai trouvé une nouvelle motivation et un nouveau plaisir. Une relation saine, tranquille, sans pression, complète et sans cette envie de toujours vouloir montrer ce qu’on vaut et de vouloir faire mieux. Je suis fatigué. J’ai cru que j’étais bien, que j’avais trouvé ce que je recherchais et qui me faisait du bien, et je me demande si, entraîné dans cette histoire, je ne me suis pas fourvoyé. Le plaisir a été là, enfin je crois, j’en doute beaucoup en fait. J’avais cru bêtement avoir trouvé en toi la femme de ma vie, la mère de mes enfants et que je vivrais enfin un truc qui me plairait et qui me ferait beaucoup de bien. Mais hélas, la vérité est tout autre. Je ne me retrouve pas dans cette relation. Je n’y trouve pas ce que je recherche. Notre histoire est moche, nos souvenirs lui donnent du charme. »

Des bruits de pas d’une personne enjambant le sable mouvant de la plage, vinrent troublés sa réflexion. Il se tourna et la vit. Elle était là. Son cœur commença par battre la chamade. « Je l’aime toujours » s’avoua t-il. Il se leva et se précipita à sa rencontre, avant de changer d’avis. « Zoé, je veux qu’on rompe » lui dit-il une fois arrivé près d’elle. Elle paru choquée par cette phrase. Ce n’était pas ce à quoi elle s’attendait.

Ses yeux commencèrent à se mouiller et là, elle se retourna pour lui faire dos. Elle se refusait à y croire, mais au fond elle savait en ce moment précis que Yann ne sera plus jamais sien. « Parfait ! Si c’est vraiment ce que tu veux, qu’il en soit ainsi » dit-elle, pendant que le vent ébouriffait ses cheveux. Elle s’assit dans le sable et poursuivit « Personne, ne va voir mes larmes ». Il savait que son esprit ne serait plus jamais libre d’aimer.  Yann senti là, le besoin de s’en aller avant de changer d’avis. « Je pars Zoé, je ne reviendrai plus » lui dit-il. Elle ne répondit pas […]

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