Le bureau ? Mon bureau ? OK, le bureau.

Le bureau ? Mon bureau ? OK, le bureau.

Tas de documents posé sur ma table de travail. A côté, se trouve l’œuvre « Les lèvres éphémères » de Renaud reçu de ses mains hier matin. Mon ordinateur, la souris sans fil, un document résumant ma dernière commande en ligne, un sachet d’eau bu au trois-quarts. Un écouteur blanc des industries TECNO jouxtant le portable de même marque. Un papier A4 sur lequel Flavia devait écrire ses engagements.

À gauche, l’imprimante prend la poussière, une carte Sim et une carte mémoire retirée de mon SONY traine sur le bloc de papier A4, mon carnet de vaccination, quelques livres envoyés de France par Jean-Pierre. Une corde à sauter acheté à RAMCO dont je ne me suis jamais servi. Je l’utiliserai quand me viendra réellement la volonté de perdre du poids.

Mon bureau ? Non. Le bureau, c’est cette table-banc où je m’assois en amphithéâtre pour assister à mes cours. C’est cette salle d’opération où j’assiste le chirurgien pour ses opérations. Scalpel, écarteur, lame de 10, lame de 15, aspirez ! C’est ma géolocalisation exacte, au millimètre près dans ces officines, où je délivre les médicaments au malade. C’est cette paillasse au laboratoire, où je fais la préparation des selles, cette paillasse où je fais les prélèvements et les différents tests biologiques. C’est cette salle qui me sert de boutique à Assigamé (Grand marché de Lomé).

Le support de travail, le plan de travail : le tableau noir, le tableau blanc, l’ardoise, les murs, les toiles, l’ordinateur fixe ou mobile, la tablette, le cahier, la calculatrice, l’appareil photo, parfois le téléphone ou le carnet qu’on ne finira jamais, on le sait.

Les supports amovibles, le disque dur externes, les clefs USB, les cartes mémoires, séquestres ces documents, ces photos, ces musiques, vidéos sur lesquelles nous avons travaillé en groupe ou seul dans un taxi, un parc, pendant une fête.

Mon bureau tient dans un sac, un disque dur, tient dans la main. Le bureau est en ligne, dans les nuages, il transite par des satellites géostationnaires, des câbles sous-marins, des fermes de données, stocké dans des machines aux quatre coins du monde, équipées de processeurs qui comportent entre quatre et dix cœurs, ce qui est plus que l’on n’aura jamais. Mon bureau tient aussi dans ma tête.

Notre bureau se déplace et se mue au gré de notre volonté. Le bureau est physique, psychique, virtuel. L’auteur lui-même est nomade, il virtualise les données, il est à l’écoute des signaux faibles, échafaude des milliers de scénarios dynamiques à force d’idées qu’il oublie parfois presque aussitôt. Stratégie de création. Souvent, on ne le comprend pas, et il n’a plus le temps d’expliquer : « Cette chose est magnifique. L’ai-je réellement fait moi-même ? » Il repense à ça. Parfois il se sent seul, mais il sait sa solitude partagée.

Le bureau est ce lieu où l’on travail. Selon que l’on passe d’une activité à une autre, d’une identité à une autre le bureau change. Mais le seul vrai bureau reste immobile, toujours présents en soi. Ce bureau c’est notre esprit.

Le bureau ? Il n’y a pas de bureau. Le bureau est partout.

 

  3 comments for “Le bureau ? Mon bureau ? OK, le bureau.

  1. Annick GABA
    2 mars 2017 at 19 h 21 min

    Bel article.

  2. Benjamin Yobouet
    2 mars 2017 at 15 h 13 min

    Article posé, plein de détails et de description qui rend le texte encore plus naturel et beau. Et pour finir, belle chute !

  3. John Zidah
    2 mars 2017 at 7 h 09 min

    J’ai adoré.  » Il n’y a pas de bureau. Le bureau est partout » même parfois dans notre palais mental et il suffit d’un simple hic pour le retrouver.

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