Réussir quel qu’en soit le moyen

Crédit Photo : flickr.com

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J’ai en aversion les personnes qui émettent un jugement sans au préalable demander « le pourquoi du comment ». En effet, je pense que avant de mettre l’anathème sur un individu, il faut avoir eu son vécu et voir si l’on n’aurait pas réagi pareillement. Cela me rappelle mon article sur l’homme qui a arrêté de rêver. Avec le recul, je pense l’avoir jugé trop vite. Prendre un engagement en lui disant que j’allais le changer était une gageure. C’est un défi que j’ai finalement perdu, mais dont je sors quand même gagnant. Ceci a donné à mon esprit de nouvelles ouvertures, dont je ne suis que reconnaissant. Je n’avais pas essayé de comprendre cet homme, je l’ai jugé sans le connaitre. L’on ne m’y reprendra plus. Comprenez donc mon indignation quand je vois des gens blâmer les autres sans chercher le cœur du problème qui les pousse à de tels actes.

Il y a dans mon quartier cette jeune fille assez jolie qui fait commerce de son corps pour payer ses études et subvenir à ses différents besoins. Elle n’a que 19 ans mais prend en charge toute sa personne tant sur le plan éducatif que financier. Elle trimbale sa bosse des plus moches berlines aux plus luxueuses 4×4. Une voiture différente l’attend chaque soir, pour l’emmener vers un monde où le plaisir charnel se troc contre une somme d’argent. Elle rentre souvent peu après minuit mais reste quelques fois dormir là-bas si l’heure est trop avancée pour ne rentrer qu’à 5h du matin. Sa mère l’attend souvent dans la nuit. Quand elle franchi le seuil de sa maison en quête d’un peu de répit, celle-ci l’interpelle « Ma fille, tu n’as rien pour moi ? »

Orpheline de père, elle affronte seule son fardeau quotidien. Sa mère ne l’aide en rien. La seule chose qu’elle lui offre c’est un toit. Pour donc se nourrir, se vêtir, se soigner elle ne fréquente que des hommes qui ont un certain niveau de vie. Elle épouse le dicton « l’on ne peut pas vivre d’amour et d’eau fraîche ».

Les mauvaises langues du quartier ont tôt fait de la traiter de tous les noms. Mes compères se plaisent à fantasmer et à médire sur elle. « Fille matérialiste, pute, salope, putain, achao, Gbolo » c’est ainsi qu’ils la qualifient.

J’ai de l’admiration pour sa force de caractère. Elle veut aller loin. Elle s’en donne les moyens. Elle n’attend rien de personne. Elle sait ce qu’elle veut. « Je suis différente, je suis unique… et je l’assume ! » m’a-t-elle dit.

Elle ne serait pas dans une telle situation si sa mère prenait ses responsabilités. La réalité est telle qu’elle est. Soyons pragmatique !

Au lieu de juger, tentons de comprendre pour mieux accepter.

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