d'ALMEIDA Laurier

Pourquoi a-t-il arrêté de rêver ?

Le week-end dernier, je suis allé à la rencontre de cet homme avec qui j’ai souvent échangé sur internet. C’était la première fois que nous nous rencontrions. Nous avons discuté de divers sujets sans réserve comme de vieux habitués.

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Un homme résigné

Plus on discutait, mieux je cernais le personnage. La trentaine à peine entamée, cet homme ne semble plus rien attendre de la vie. Il a accepté le statuquo, il a appris à se satisfaire de ce qu’il a sans en vouloir plus. Il se terre souvent dans sa chambre, il écrit pour s’évader de la routine asphyxiante de sa vie. Les rares fois où il sort de chez lui en dehors du boulot, c’est pour aller rivaliser en cul sec et/ou mener des débats stériles sur divers sujets. Son quotidien rime avec une suite interminable d’évènements identiques. Il est consultant dans une entreprise qui lui vole sa vie.

Je l’ai écouté parlé. A un moment, je l’ai regardé fixement puis je lui ai dit : Je te trouve brillant mais fainéant. Il me répondît que c’est facile pour moi de dire cela, « Tu es jeune, tu es encore fougueux ! » avait-il ajouté.

Pourquoi croit-il qu’il ne peut avoir mieux que ce qu’il a ?

C’est peut-être dû son entourage, à d’amères expériences ou à la réalité. Cette cruelle réalité qui te force à vouloir une satisfaction immédiate qui t’empêche de voir au-delà des choses. Ces autres qui t’entourent qui ont déjà perdu leurs rêves et qui aimeraient beaucoup que tu leur ressembles. Ces amis, ces ennemis, ces proches, ces prochains qui veulent des choses maintenant et oublient que maintenant n’est rien que le fruit d’hier. Si hier, on a semé son demain, ce demain se présentera à nous grandement. Demain ne meurt jamais ! Demain ne t’attendra pas. Ton demain sera tel que tu le désires, si tu t’en donnes les moyens.

Il m’a dit qu’il en a plus qu’assez d’écrire, J’ai l’honneur de venir très respectueusement solliciter auprès de votre haute bienveillance, un emploi de…, qu’il ne demande même plus. Il est fatigué, fatigué de donner des coups d’épée dans de l’eau. Je lui ai dit : « Viens on monte une entreprise, on surmonte les obstacles liés à la création et à la gestion des PME et on devient autonome. » « Bof, on verra … » m’a-t-il dit. Il a peur d’entreprendre. J’avoue que le monde du salariat confère une certaine sécurité financière, quoiqu’il arrive j’aurai mon salaire à la fin du mois. Le hic c’est que ce salaire ne suffit pas toujours. Le monde du salariat vous rend dépendant du bon vouloir d’une tierce personne qui peut vous licencier du jour au lendemain sans préavis. Le monde du salariat vous impose des horaires, que cela vous convienne ou non, On vous emmerde ! C’est eux qui décident, pas vous. Cet homme est pris du lundi à vendredi de 7h à 21h, et les samedis de 7h à 12h. « Je ne te demande pas de quitter ton travail. Montons une structure. Cela te fera une autre source de revenu en plus. La finalité, c’est le cash !» lui ai-je dit.

La peur de l’échec

Dans l’esprit de cet homme, j’ai vu beaucoup de doute et de peur. Beaucoup de doute sur beaucoup de choses, et une grande peur, la plus grande des peurs, la peur de l’échec. On peut voir là une entrave paralysante à toutes ses entreprises. Il m’a dit ne pas aimer les problèmes. La quête de l’argent pour lui serait une activité à risque. « Et si cela ne marchait pas ? J’aurai investi de l’argent qui ne m’appartient pas. Comment vais-je faire pour rembourser ? » se demande-t-il toujours.

Voyez-vous, nous attirons à nous ce que nous pensons. Wallace Wattles dit dans son livre Devenir riche, une science exacte, que l’univers est une substance informe à partir de laquelle notre pensée produit la forme. Pensons positif, et le positif s’offrira à nous. Nous avons tous le droit d’être riche. Personne n’est enclin à la pauvreté. Quoi qu’il puisse être dit pour faire l’éloge de cette dernière, les faits prouvent qu’il n’est pas possible de vivre une vie vraiment complète ou réussie à moins d’être riche. Aucun homme ne peut s’élever à la plus grande dimension possible du développement de son talent ou de son âme à moins qu’il n’ait abondance d’argent ; car pour développer son âme et son talent il doit pouvoir jouir de l’usage de beaucoup de choses, et il ne peut pas avoir ces choses à moins qu’il n’ait l’argent nécessaire pour les acheter.

« Je vais te changer » lui ai-je dit. « Beaucoup de personnes s’y sont mis avant toi mais ont tous fini par dire que je suis un cas désespéré » m’a-t-il répondu.

La vie est injuste, je l’ai appris à mes dépends. C’est ainsi et cela ne changera jamais. Mais est-ce une raison suffisante pour baisser les bras ?  L’on peut suite à certains évènements oublier ce que l’on a rêvé être.  Il faut parfois perdre son chemin, pour mieux se retrouver. Cela a été mon cas.

Les rêves sont gratuits, les réaliser a un prix. Avant de dormir, prenons quelques minutes pour rêver, puis endormons nous. Au réveil, levons nous, allons à la poursuite de nos rêves et réalisons-les.

La question reste posée. Pourquoi a-t-il arrêté de rêver ?

Ma parole est tombée !


L’Infidélité et la Question des Sextapes : Réflexion sur une Société en Mutation

L’infidélité, longtemps perçue comme un travers majoritairement masculin, s’avère aujourd’hui un comportement partagé, bouleversant les schémas traditionnels et alimentant les soupçons au sein des relations. Les femmes, comme les hommes, en sont actrices, complexifiant les notions de fidélité et de confiance. Dans un monde où la fidélité semble s’effriter, la possibilité de doutes au sein des relations est omniprésente, amenant à des solutions extrêmes comme le test de paternité systématique. Cette option pourrait certes apporter une forme de certitude, mais elle questionne aussi les bases de la confiance mutuelle. Dans ce contexte, l’idée du test de paternité systématique a émergé, non seulement pour dissiper les doutes, mais pour établir la certitude de la filiation. Pourtant, cette solution radicale peut transformer la confiance en méfiance institutionnalisée, exposant les limites de notre capacité à croire en l’autre sans preuves tangibles.

Le Test de Paternité : Signe de Clarté ou de Méfiance ?

Le test de paternité, aujourd’hui bien plus accessible et disponible partout, est parfois utilisé pour dissiper tout doute quant à la filiation des enfants au sein d’une famille. Si l’idée d’une vérification systématique peut sembler une solution radicale contre la méfiance, elle traduit aussi une forme de fragilisation de la confiance dans le couple. Cette mesure, destinée à écarter toute ambiguïté, pourrait à long terme normaliser le soupçon, transformant une preuve scientifique en arme psychologique.

Pourtant, cette démarche est de plus en plus considérée par certains comme une protection indispensable, particulièrement dans des contextes où la loyauté n’est plus un principe immuable. Mais l’instauration de telles pratiques pose la question de leur impact sur l’équilibre des relations familiales et sur la solidité de la relation parent-enfant.

Sextapes : Preuve ou Bombe à Retardement ?

Dans un autre registre, l’ère numérique a introduit un autre type de « preuve » potentielle : les sextapes. À l’heure où les accusations de comportements inappropriés et d’agressions sexuelles surgissent parfois des années après les faits, certains optent pour l’enregistrement de leurs relations intimes afin de se protéger. Ces vidéos, qu’on pourrait qualifier d’assurance « anti-accusation », posent un dilemme moral et légal.

Le cas du footballeur Neymar en est une illustration. En publiant des échanges intimes pour se défendre contre des accusations de viol, il a démontré comment les sextapes peuvent, paradoxalement, servir d’arme de défense. Cette stratégie, bien qu’efficace, ne résout pas pour autant la question de la vie privée et des risques liés à l’exposition médiatique.

D’autres célébrités, comme Benjamin Mendy, ont vu leur réputation détruite suite à des accusations qui se sont avérées infondées. Ces situations montrent les limites de la célébrité : être au sommet n’exonère pas des pièges d’une notoriété mondiale, et il suffit d’une accusation pour mettre en péril des années de carrière. Même les figures emblématiques, comme Kylian Mbappé, ne sont pas à l’abri des écueils d’une vie scrutée. En cas d’accusation, ces vidéos deviennent des armes à double tranchant, pouvant sauver ou détruire une réputation.

L’Affaire Balthazar : Quand la Sextape Devient Bouclier

La « Balthazarisation » de cet officiel équato-guinéen, loin de l’anéantir, a paradoxalement renforcé son aura auprès des femmes et des hommes, faisant même sa promotion au sein de la société.

Dans un monde où la réputation peut être démolie en quelques clics, les scandales et les accusations prennent une ampleur souvent irréversible. L’affaire Balthazar illustre à merveille la complexité de l’ère moderne où chaque acte, chaque relation intime peut devenir un outil de contrôle, de chantage ou de rédemption publique.

Les sextapes, qui autrefois étaient perçues comme des outils de scandale, deviennent parfois une preuve salvatrice. Dans un contexte où les accusations de comportements répréhensibles, notamment d’agressions sexuelles, peuvent détruire une carrière et une vie en un instant, ces vidéos intimes jouent le rôle d’un bouclier, à double tranchant.

L’affaire Balthazar souligne encore plus ce phénomène. Sans sextapes pour attester du consentement, la situation aurait pu rapidement basculer vers une accusation d’agression sexuelle. Ici, ces enregistrements sont devenus une « preuve » capitale, illustrant les extrêmes auxquels la société peut pousser pour se protéger. Mais, une fois de plus, cela pose la question : à quel point la normalisation de tels enregistrements nuit-elle à l’intimité et à la santé des relations ?

Entre Confiance et Surveillance : Quelles Limites Poser ?

La société actuelle, en quête de preuves tangibles, risque de perdre les fondements de la confiance mutuelle. Bien que la protection de la réputation et la défense contre de fausses accusations soient essentielles, la mise en scène systématique de preuves intimes expose nos relations à un contrôle oppressant et fragilise l’essence même de l’amour et de la justice. Notre défi est de trouver un équilibre entre préservation de l’intimité et nécessité de protéger nos droits.

Cette tendance à surveiller et à enregistrer illustre la fragilité croissante de la confiance dans les relations intimes. Le test de paternité systématique, les sextapes comme preuve de consentement et les suspicions sous-jacentes dans les couples modernes reflètent une société où la présomption d’innocence se heurte de plus en plus à la nécessité de preuves matérielles.

Loin de rétablir la sérénité, ces mesures s’avèrent être des « solutions » temporaires. À long terme, elles pourraient contribuer à une déshumanisation des relations, où l’affectif cède la place à la surveillance et à la méfiance. Il reste à chacun de définir les limites de ce qu’il juge acceptable pour préserver ses relations sans pour autant sacrifier les bases de la confiance et de l’intégrité.

Cet article invite à réfléchir : jusqu’où devons-nous aller pour préserver notre réputation et nos relations ? Et, au final, quelle place laisse-t-on à la confiance dans un monde de plus en plus orienté vers la vérification ?

Ma parole est tombée !


Comprendre la Diversité Culturelle au Togo : Une Histoire de Famille entre Kabyè, Tem, Lama, Bassar et Losso

Credit photo : docteur lau

Le nord du Togo est un véritable carrefour de cultures, où plusieurs groupes ethniques, dont les Kabyè, Tem, Lamba, Bassar et Losso, cohabitent et enrichissent le tissu culturel togolais. Ces ethnies partagent une histoire commune tout en préservant des spécificités uniques. Si le nord du Togo était une grande famille, chaque ethnie y occuperait un rôle bien défini, avec des personnalités uniques qui, ensemble, apporteraient un équilibre parfait entre traditions, modernité, et un soupçon de fantaisie.

Les Kabyè : Le Grand-père Sagesse

Imaginez les Kabyè comme le grand-père de la famille, celui qui veille sur le foyer et incarne la stabilité. C’est un homme de la terre, aux mains marquées par des années de travail dans les champs en terrasse, sculptant les collines avec patience. Le grand-père Kabyè n’est pas homme de grands discours, mais son regard perçant suffit à faire passer le message. Il initie les jeunes à la lutte, leur enseignant la force, l’endurance et l’honneur lors des épreuves d’Evala. Et quand il raconte des histoires autour du feu, chacun l’écoute, suspendu à ses lèvres, car chaque mot est une leçon de vie et de courage. Ce grand-père, toujours en chemise de pagne, est celui qui connaît tous les secrets des plantes, soignant la famille avec des remèdes que seuls les initiés peuvent comprendre.

Les Tem (Kotokoli) : L’Oncle Marchand et Charismatique

L’oncle Tem, ou Kotokoli, est un personnage charismatique, toujours vêtu d’un boubou soyeux, prêt à partir pour un voyage commercial. Il est le maître de la négociation, celui qui peut vendre un seau de sable à un habitant du désert, avec un sourire charmeur et un clin d’œil. L’oncle Tem adore organiser des fêtes de famille où tout le monde se retrouve autour d’un bon plat d’igname pilé. Religieux mais ouvert, il jongle avec les traditions et l’islam avec une aisance remarquable. Quand il danse le Yendouma, ses mouvements souples et précis captivent tout le monde, et il ne manque jamais une occasion de rappeler aux jeunes l’importance de la solidarité et du respect des anciens.

Les Lamba : Le Frère Aîné Terre-à-Terre

Le frère Lamba est l’aîné pragmatique et fiable de la famille. Il est celui qu’on appelle pour les travaux de la ferme ou pour organiser une fête de récolte. Peu bavard, mais toujours présent quand on a besoin de lui, il est un homme de terre, un cultivateur passionné. Lors du festival Kondona, il mène la danse avec une énergie brute, célébrant la terre nourricière avec une intensité qui inspire respect et admiration. Le frère Lama a un faible pour le commerce local, échangeant des produits agricoles avec les voisins pour subvenir aux besoins de la famille. Un peu bourru parfois, mais chaleureux dans le fond, il est celui qui veille discrètement au bien-être de chacun.

Les Bassar : Le Forgeron Ambitieux et Philosophe

Les Bassar sont les cousins artistes et philosophes, connus pour leur talent dans la métallurgie. Imaginez un forgeron Bassar, marteau en main, entouré d’étincelles, créant des outils et des objets de cérémonie en fer. Il vous dira, avec un sourire en coin et une pointe de mystère, que chaque coup de marteau sur l’enclume est une offrande aux ancêtres. Lors de la fête annuelle de la métallurgie, il se transforme en véritable vedette, partageant ses histoires et expliquant que le feu et le fer sont des cadeaux sacrés. Toujours partant pour une discussion sur la vie et les esprits, il est celui qui pose des questions profondes, et parfois un peu déconcertantes, en plein repas de famille.

Les Losso : Le Petit Frère Rêveur et Poète

Enfin, il y a le petit frère Losso, l’artiste et rêveur de la famille, toujours la tête dans les étoiles et les pieds sur un champ de mil. Également agriculteur, il aime passer ses soirées à conter des légendes anciennes aux enfants du village, captivant son auditoire avec des histoires d’esprits protecteurs et de héros d’antan. Lors du Gadao Festival, il mène la danse avec une grâce presque surnaturelle, transportant tout le monde dans un autre monde. Le petit frère Losso est connu pour ses rituels en l’honneur de la nature et des ancêtres, convaincu que chaque arbre et chaque pierre ont une âme. C’est aussi celui qui, un peu distrait, oublie parfois où il a laissé ses outils, mais qui vous chantera un poème improvisé en retrouvant sa houe sous un arbre.

Origines et Migrations

Les Kabyè seraient originaires de la région du Sahel et auraient migré vers le sud au fil des siècles. Leur implantation dans les montagnes de Kara les a poussés à développer des techniques agricoles adaptées à ce relief accidenté, créant des terrasses de culture pour maximiser les terres arables.

Les Tem, ou Kotokoli, sont installés principalement dans la région de Sokodé. Historiquement, ils auraient migré depuis le Sahel, descendant progressivement vers le sud où ils se sont installés dans des terres fertiles. Cette migration a renforcé leur culture d’échanges, les positionnant comme d’habiles commerçants.

Les Lamba, également appelés Lama ou Namba, sont un peuple bantou vivant principalement dans la vallée de la rivière Kéran et les montagnes du nord-est du Togo, ainsi que dans les régions adjacentes du Bénin. Leur langue, le lama, est apparentée à celle des Kabiyè et des Temba.

Les Bassar sont célèbres pour leur expertise en métallurgie, une compétence qu’ils auraient développée il y a plusieurs siècles. Leur origine remonte aux forges anciennes de l’Afrique de l’Ouest, où ils produisaient des outils et des armes, facilitant ainsi le commerce avec d’autres peuples.

Les Losso, également appelés Nawdm, sont installés dans la région centrale du Togo depuis plusieurs siècles. Bien que leur origine soit moins documentée, ils auraient migré vers le sud pour s’établir sur des terres fertiles et propices à l’agriculture.

Traditions et Cultures

Le peuple Kabyè, principalement composé d’agriculteurs, attache une grande importance à l’effort physique, l’endurance et la discipline, des valeurs incarnées dans leur rituel de lutte traditionnelle appelé l’Evala. Ce rituel voit les jeunes garçons s’affronter dans des combats symboliques qui marquent leur passage à l’âge adulte et leur intégration dans la vie sociale de la communauté. Loin d’être une simple compétition, l’Evala est un rite initiatique qui renforce la cohésion sociale. Le Kondona, qui suit généralement l’Evala, est un autre rite initiatique destiné aux jeunes hommes Kabyè. Il représente l’achèvement de leur processus d’initiation, les préparant à assumer pleinement leurs responsabilités d’adultes au sein de la communauté. Contrairement à certaines idées reçues, le Kondona ne célèbre pas la fertilité des terres, mais constitue une cérémonie essentielle axée sur la maturation et l’intégration sociale des jeunes hommes.

Les Tem, également appelés Kotokoli, combinent des traditions animistes et des pratiques islamiques. Parmi leurs célébrations majeures figure l’Adossa-Gadao, une fête traditionnelle qui rassemble chaque année la communauté Tem de la préfecture de Tchaoudjo. Cette célébration permet de revisiter et de célébrer les pratiques culturelles à travers des chants et danses du terroir, tout en remerciant les divinités pour l’abondance des récoltes.

Les Lamba pratiquent des rites et des cérémonies liés à l’agriculture et aux cycles naturels. Par exemple, la fête traditionnelle Tislim-Difoini-Oboudam est célébrée pour invoquer la pluie et remercier les divinités et les ancêtres pour les récoltes passées, tout en sollicitant leur bénédiction pour une meilleure saison agropastorale à venir. Cette célébration marque également le début des funérailles en hommage aux membres décédés de la communauté.

La culture du fer est au cœur de l’identité Bassar, et leur festival de la métallurgie est un événement important. Pendant cette célébration, les forgerons se rassemblent pour montrer leurs créations et honorer les esprits du feu et du métal. Chaque coup de marteau est accompagné d’une prière, et le métal forgé devient un objet sacré.

Les Losso pratiquent des religions traditionnelles africaines, avec une vénération particulière pour les ancêtres et les esprits de la nature. Les rites et cérémonies rythment la vie communautaire, marquant les étapes importantes telles que les naissances, les mariages et les funérailles. Les danses et les chants traditionnels occupent une place centrale lors de ces événements, permettant de transmettre les histoires et les valeurs ancestrales.

Contes et Légendes

Les Kabyè ont une riche tradition orale, avec des histoires qui racontent les exploits d’anciens guerriers et les sagesses des ancêtres. Un conte populaire parle du « vieil homme des montagnes », une figure sage qui protège le village et dont les conseils sont encore transmis à travers les générations.

Les contes Tem sont souvent peuplés d’esprits bienveillants et de créatures mythiques. Une histoire populaire raconte celle de « l’esprit du Yendouma », un personnage mystérieux qui bénit les récoltes et apparaît dans les danses rituelles pour encourager la fertilité et la prospérité des champs.

Les Lama aiment raconter des histoires sur les esprits de la terre. L’un des contes les plus connus met en scène un esprit protecteur, qui veille sur les champs et protège les agriculteurs des mauvais sorts. Ce personnage, qui change d’apparence en fonction de la saison, est un symbole de la nature capricieuse et bienveillante.

Les histoires Bassar sont pleines de récits sur les « esprits du feu », des entités mystérieuses qui apparaissent dans les flammes pour guider les forgerons. Une légende raconte qu’un jeune forgeron a été sauvé par l’esprit du feu, qui lui a appris des techniques secrètes pour rendre le métal plus résistant.

Les contes Losso sont poétiques et souvent centrés sur la relation entre l’homme et la nature. Une légende célèbre parle d’un arbre ancien, le « gardien de la forêt », qui murmure des secrets à ceux qui savent l’écouter. Les Losso croient que chaque arbre et chaque pierre a une âme, et leurs histoires transmettent ce respect de la nature.

Interactions et Influences Mutuelles

Bien que les Kabyè soient un peuple d’intérieur, ils ont régulièrement échangé avec leurs voisins, comme les Tem et les Lama, intégrant certaines pratiques commerciales tout en restant attachés à leurs traditions agricoles. Ils sont souvent consultés par d’autres groupes pour leur expertise en agriculture et en gestion des ressources naturelles.

En tant que commerçants, les Tem ont tissé des liens étroits avec plusieurs autres groupes, y compris les Kabyè et les Lama. Leurs pratiques religieuses islamiques les rapprochent des communautés musulmanes de la région, facilitant les échanges culturels et économiques. Ils jouent souvent le rôle de médiateurs dans les échanges interethniques.

Les Lamba interagissent fréquemment avec leurs voisins Kabyè et Bassar, échangeant des produits agricoles et des biens artisanaux. En raison de leur proximité avec les montagnes, ils sont souvent considérés comme les gardiens de la terre et sont respectés pour leurs connaissances agricoles.

Les Bassar, en tant que forgerons, sont en contact régulier avec plusieurs autres groupes ethniques. Leurs compétences en métallurgie les rendent précieux pour les agriculteurs, qui leur achètent des outils. Ils ont ainsi contribué au développement de techniques agricoles avancées chez les Kabyè et les Lama.

En tant qu’agriculteurs, les Losso échangent souvent des produits agricoles avec leurs voisins. Leur vision poétique de la nature les rapproche des Kabyè et des Lama, avec qui ils partagent un attachement à la terre et aux cycles naturels.

Une Famille Unie malgré les Différences

Cette famille imagée du nord du Togo, composée des Kabyè, Tem, Lama, Bassar et Losso, incarne la diversité culturelle de la région. Les origines et migrations de chaque groupe, leurs traditions et fêtes, leurs contes et légendes, ainsi que leurs interactions tissent un réseau complexe d’influences mutuelles. Chaque ethnie apporte sa touche unique, mais ensemble, elles forment une communauté unie, où chaque membre contribue à l’enrichissement culturel et à la pérennité des traditions.


Comprendre la Diversité Culturelle au Togo : Une Histoire de Famille entre Ewé, Mina, Ouatchi et Adja

Credit photo : docteur lau

À chaque visite d’amis d’autres pays africains au Togo, une question revient souvent comme un refrain : quelle est la différence entre les Ewé, les Mina et les Ouatchi ? Cette question, bien que simple en apparence, révèle la complexité des liens historiques, linguistiques et culturels entre ces groupes. Pour y répondre de manière accessible et mémorable, j’ai trouvé une métaphore familiale qui illustre parfaitement la dynamique unique entre ces communautés.

Souvent, les Africains aiment les explications imagées et métaphoriques. Et quoi de mieux qu’une histoire de famille pour expliquer la diversité de ces groupes au Togo ? Imaginez que les Ewé, les Mina, les Ouatchi, et les Adja forment une grande famille où chacun incarne une identité culturelle distincte mais liée. Voici donc le récit de cette famille africaine.

L’Ewé : Le Père de la Famille

L’Ewé représente la figure du père dans cette famille. Originaire d’une région historique, il porte en lui les valeurs, la langue et les traditions ancestrales. L’Ewé est profondément enraciné dans ses coutumes et sait où sont ses attaches. Gardien des traditions, il transmet à ses enfants un héritage qui les guidera, même s’ils empruntent des chemins différents.

Les Ewé, avec leurs racines fortes et leur histoire ancrée dans l’Afrique de l’Ouest, ont des valeurs communautaires et familiales. Ils incarnent une identité fière et assumée, qui s’est transmise de génération en génération, mais qui a aussi su évoluer pour accueillir les influences extérieures tout en gardant son essence.

Le Mina : L’Enfant Partout dans le Monde

L’aîné de la famille, c’est le Mina, un enfant « wesh-wesh », qui s’est aventuré en ville et a adopté les influences modernes et cosmopolites. Curieux et ambitieux, il a fréquenté l’école, a voyagé, et s’est imprégné de cultures diverses. Parler français, anglais et même allemand ? Pour le Mina, c’est devenu naturel. Les langues européennes ont même transformé sa manière de s’exprimer en langue éwé, ajoutant des tonalités nouvelles et uniques.

Le Mina, avec son allure moderne, est aussi celui qui introduit des changements dans les traditions familiales. En rentrant au village, il est celui qu’on remarque tout de suite avec ses vestes élégantes, ses lunettes de soleil et son goût pour les plats occidentaux comme la salade et la mayonnaise. Mais derrière cette façade citadine, le Mina reste attaché aux valeurs familiales ; il est celui qui porte le regard vers l’extérieur tout en gardant ses racines dans la terre de ses ancêtres.

Le Ouatchi : Le Gardien des Traditions

Le Ouatchi, le second enfant, a choisi de rester au village, fidèle aux traditions et à la terre. Il est celui qui perpétue les pratiques ancestrales et le lien avec la nature. Agriculteur et éleveur, il est fier de préparer la viande de porc sous toutes ses formes, que ce soit rôtie, frite ou accompagnée de pinon. Le Ouatchi est un amoureux de la cuisine traditionnelle ; il chérit la pâte de maïs et le sodabi, cette boisson locale qui, pour lui, n’a pas d’égal.

Avec ses amples chemises en pagne et son respect des coutumes, le Ouatchi incarne le visage rural de la famille. Il est celui qui accueille les visiteurs avec simplicité et chaleur, sans artifice. Sa vie est un hommage à la terre et aux ancêtres, et, bien qu’il soit moins enclin aux changements modernes, il représente une stabilité rassurante dans cette famille aux multiples visages.

L’Adja : L’Oncle Aventurier et Commerçant

Enfin, il y a l’Adja, frère de l’Ewé, un homme de commerce et d’aventures modestes. L’Adja rêve de voyages et d’échanges, mais dans un cadre qui lui est propre. Il se concentre sur l’épargne, rêvant d’acheter un vélo pour pouvoir traverser les frontières et assister aux funérailles au Bénin et au Nigeria. Pour lui, le commerce est une façon d’accomplir ses projets et de renforcer ses liens familiaux, même au-delà des frontières.

L’Adja est un personnage attachant, qui ne cherche pas la gloire, mais la satisfaction de voir ses rêves se réaliser, pas à pas. Sa vision du monde est simple, mais elle témoigne de son ouverture à l’autre, de sa volonté de préserver les relations tout en affirmant son indépendance. Il est la figure qui rappelle que, même dans une famille, chacun peut choisir son propre chemin tout en restant proche de ses racines.

Origines et Migrations

Les Adja : Originaires de la cité de Tado, située au sud-est du Togo, les Adja sont considérés comme les ancêtres communs des Ewé, Mina et Ouatchi. Au XVIᵉ siècle, des migrations successives les ont conduits à s’établir dans différentes régions, donnant naissance à divers sous-groupes ethniques.

Les Ewé : Descendants directs des Adja, les Ewé ont migré vers l’ouest et le sud, s’installant principalement au sud du Togo et au sud-est du Ghana. Ils ont fondé la ville de Notsè, qui est devenue un centre culturel et politique majeur.

Les Ouatchi : Souvent considérés comme une branche des Ewé, les Ouatchi se sont établis dans la région sud-est du Togo. Leur culture et leur langue présentent des similitudes avec celles des Ewé, bien qu’ils aient développé des particularités distinctes.

Les Mina : Les Mina, également appelés Guin-Mina, sont arrivés plus tardivement sur les côtes togolaises, principalement en provenance de la région d’Elmina au Ghana. Ils se sont installés dans des zones côtières et ont joué un rôle clé dans le commerce maritime.

Traditions et Cultures

Les Ewé : Peuple agriculteur, les Ewé sont réputés pour leur riche tradition orale, incluant des contes, des proverbes et des chants. Leur religion traditionnelle vénère Mawu, le dieu suprême, et les trowo, des esprits intermédiaires.

Les Ouatchi : Partageant de nombreuses traditions avec les Ewé, les Ouatchi se distinguent par des pratiques agricoles spécifiques et des fêtes traditionnelles uniques, telles que l’Adzinoukuzan, célébrant les moissons et la cohésion communautaire.

Les Mina : En raison de leur position côtière, les Mina ont développé une culture orientée vers la mer, avec une expertise en pêche et en commerce maritime. Leur ouverture aux influences extérieures a enrichi leur patrimoine culturel, notamment en matière de musique et de danse.

Les Adja : Conservant des traditions ancestrales, les Adja sont connus pour leurs contes et légendes, qui transmettent des valeurs morales et sociales. Leur organisation sociale est centrée sur la famille élargie et le respect des aînés.

Contes et Légendes

La tradition orale est au cœur de la culture de ces ethnies. Par exemple, les contes Adja mettent souvent en scène des animaux pour enseigner des leçons de vie. Un conte célèbre raconte l’histoire de la perdrix, de l’adja et du roi crocodile, illustrant la sagesse et la ruse nécessaires pour surmonter les défis.

Chez les Ewé, les fables mettent en avant des personnages comme le singe et le tortue, symbolisant respectivement l’intelligence et la persévérance. Ces récits servent à inculquer des valeurs telles que la patience, la solidarité et le respect des traditions.

Interactions et Influences Mutuelles

Malgré leurs différences, ces groupes ethniques ont cohabité et interagi pendant des siècles, partageant des marchés, des alliances matrimoniales et des festivals communs. Cette coexistence a favorisé un enrichissement mutuel, tout en préservant les spécificités de chacun.

Comprendre les distinctions et les liens entre les Ewé, Mina, Ouatchi et Adja permet d’apprécier la richesse culturelle du Togo. Chaque groupe apporte une contribution unique à l’identité nationale, formant un tissu social diversifié et harmonieux.

Une Famille aux Identités Entrelacées

Cette famille imagée des Ewé, Mina, Ouatchi, et Adja raconte l’histoire de l’évolution culturelle au Togo. Chacun d’eux représente une manière d’être et de vivre, entre tradition et modernité. Les différences entre eux ne sont pas des barrières, mais des voies diverses pour s’épanouir dans un même espace culturel. Ils forment une communauté riche de ses diversités, où chaque membre apporte sa part d’histoire et de singularité.

Les Ewé, Mina, Ouatchi et Adja illustrent les dynamiques de continuité et de transformation qui caractérisent la culture africaine. Chacun, avec son style de vie, son rapport à la modernité ou à la tradition, incarne une facette unique d’une même identité collective.

Cette métaphore familiale permet de mieux saisir les nuances culturelles au sein du Togo, tout en offrant une vision globale de l’évolution et de l’interconnexion des groupes. C’est une belle manière d’honorer la diversité africaine et de comprendre que, malgré les différences, nous faisons tous partie de la même histoire.

Ma parole est tombée !


La Clé Cachée du Succès en Amour et en Affaires : Ce Secret Pourrait Tout Changer Pour Vous !

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Dans notre société actuelle, où les relations et les affaires se construisent à grande vitesse, il est courant de rencontrer des idées reçues sur la réussite en amour et dans les affaires. Certains diront que le bonheur réside dans la ressemblance, dans le partage de valeurs communes, d’intérêts, et d’humour, tandis que le succès en affaires exigerait une alliance de compétences complémentaires. Pourtant, il existe une vérité fondamentale qui lie ces deux mondes : la confiance.

1. En amour : la quête de la ressemblance

Il est souvent dit que « qui se ressemble s’assemble. » En amour, nous sommes attirés par des personnes qui partagent nos passions, nos habitudes, et même notre humour. Ces ressemblances agissent comme un miroir dans lequel nous nous reconnaissons, nous sentons en sécurité et compris. Cette quête de similarité crée une harmonie qui apaise et renforce les liens émotionnels.

Quand deux personnes partagent des goûts communs, chaque activité ou conversation devient une occasion de renforcement. Un couple qui rit des mêmes blagues, qui se retrouve dans les mêmes activités, qui partage un regard similaire sur le monde, évolue dans un environnement propice à la complicité et à l’épanouissement. Cette ressemblance devient ainsi le pilier d’une relation harmonieuse, construite sur des bases solides où chacun est le prolongement de l’autre.

2. En affaires : l’importance des différences

Contrairement à l’amour, le monde des affaires exige souvent de rassembler des personnalités et des compétences différentes pour former une équipe performante. Dans un partenariat d’affaires, il est crucial de chercher un équilibre entre la créativité et la rigueur, entre la vision et la technique. Par exemple, un esprit créatif, enclin à l’innovation et à l’exploration, aura besoin d’une personne plus méthodique pour encadrer ses idées et les transformer en réalisations concrètes.

Imaginons un entrepreneur passionné qui possède des idées innovantes mais qui n’a aucune connaissance en technologie. Pour donner vie à ses projets, il lui faut quelqu’un de compétent dans ce domaine. Cette complémentarité est la clé de la réalisation des idées, car elle permet de couvrir l’ensemble des besoins d’un projet, des premières idées jusqu’à leur exécution. L’alliance de talents différents est ce qui permet à une entreprise de prospérer, chaque membre apportant sa pierre à l’édifice.

3. La confiance : le point d’ancrage en amour comme en affaires

La ressemblance en amour et la complémentarité en affaires n’auraient pourtant aucune valeur sans un ingrédient central : la confiance. La confiance, dans les deux cas, est ce qui permet à une relation de perdurer et de s’épanouir. Elle ne doit pas seulement être implicite, elle doit être démontrée, ressentie et, idéalement, inébranlable dès le premier jour.

En amour, la confiance est ce qui permet de construire des bases stables, de partager des vulnérabilités sans crainte. Elle nous permet de croire en notre partenaire dans les moments de succès comme dans les périodes de doute ou d’échec. Lorsque des difficultés surviennent, la confiance devient un socle inébranlable, permettant de surmonter les épreuves sans craindre d’être abandonné. Elle est la force qui permet aux couples de se relever et de grandir ensemble, au fil des expériences de la vie.

Dans le monde des affaires, la confiance est tout aussi primordiale. Elle donne l’assurance à chaque partenaire que les objectifs communs seront atteints, même si le chemin est semé d’embûches. Elle permet également de déléguer en toute sérénité, de prendre des risques mesurés, et d’évoluer ensemble vers une réussite partagée. Lorsque les défis surgissent, la confiance mutuelle permet de garder le cap et de ne pas douter de l’engagement et des compétences de l’autre.

4. Savoir s’entourer : la clé du succès

Dans les deux contextes, la réussite dépend aussi de notre capacité à bien nous entourer. En amour, choisir un partenaire qui nous comprend et nous soutient dans les bons comme dans les mauvais moments est essentiel. L’amour véritable repose sur cette capacité à accepter l’autre dans sa totalité, avec ses forces et ses faiblesses, sans essayer de le changer.

En affaires, cette notion de bien s’entourer prend une dimension encore plus stratégique. Il est crucial de sélectionner des personnes compétentes, passionnées, et engagées. Vous pouvez être le visionnaire le plus brillant, mais sans une équipe capable de transformer vos idées en réalité, vos projets resteront des rêves inachevés. Travailler avec les bonnes personnes, celles qui partagent vos valeurs tout en apportant leurs propres expertises, est une condition sine qua non du succès.

5. La confiance, moteur de la persévérance

Enfin, la confiance mutuelle nourrit la persévérance. Elle pousse chacun à se dépasser pour l’autre, à se remettre en question et à évoluer ensemble. Qu’il s’agisse de bâtir une relation amoureuse ou un empire d’affaires, le chemin est rarement linéaire. Les échecs, les doutes et les moments difficiles sont inévitables. Mais avec la confiance, les obstacles ne sont plus des barrières infranchissables. Ils deviennent des défis à relever ensemble.

En amour, croire en son partenaire malgré les erreurs ou les incertitudes est un acte de foi qui nourrit la relation. En affaires, c’est cette même foi qui encourage à poursuivre les projets, même quand les résultats tardent à se manifester. La confiance permet d’aller de l’avant et d’oser, de croire au potentiel de l’autre comme au sien.

Une relation de confiance, un succès assuré

Que ce soit en amour ou en affaires, la confiance est bien plus qu’un simple sentiment. C’est une décision consciente, une force qui pousse chacun à donner le meilleur de soi-même, à accepter l’autre et à construire ensemble. En amour, elle permet d’avancer main dans la main vers une vie épanouie. En affaires, elle est le socle de collaborations fructueuses et durables.

En fin de compte, la ressemblance et la complémentarité sont des éléments importants, mais ce qui détermine vraiment la réussite, c’est cette capacité à faire confiance. Car dans les moments de triomphe comme dans l’adversité, savoir que l’on peut compter sur l’autre est la plus belle assurance de succès, à la fois dans la vie privée et professionnelle.


À tous les jardiniers qui s’ignorent

Un jour, il t’arrivera de vouloir accomplir quelque chose de plus grand que ce que tu as fait dans ta vie jusque-là, quelque chose de plus grand que toi-même. Ce jour-là, tu mettras un plant en terre.

Jardiner est une activité reposante, délassante mais tu dois savoir que tous les planteurs n’ont pas la main verte. Tu apprendras que pour avoir une belle plante, il faut du soleil, de la pluie, mais aussi de l’ombre, de l’amour et de la patience. Lorsque tu sors sous le ciel radieux, prends garde aux oiseaux, de peur qu’ils ne mangent le semis. De la même façon tu t’inquièteras lorsque le bourgeon sortira de terre, et des saisons durant, ton sommeil sera troublé par moult dangers que tu auras aperçus dans les nuances de l’azur.

Tu veilleras

Jardinier, tu veilleras. Tu veilleras près de la terre nourricière, épiant tout mouvement dans l’obscure nuit, craignant les atermoiements des cieux. Tous les matins, tu guetteras les signes annonciateurs de l’éclosion. Mille fois, tu t’en retourneras sans réponse. Et puis ce matin-là vaudra toutes les attentes, toutes les sueurs froides, toutes les tempêtes sous ton chapeau de paille. Ce matin-là, dans toute sa noblesse, comme si tout lui était dû, le bourgeon apparaîtra. Minuscule et superbe, il appellera les regards, exigera l’admiration et narguera ton émerveillement.

Inversement, tu auras beau arroser la graine, nourrir le sol d’engrais, la poussée du bourgeon t’échappera, car depuis la nuit des temps, c’est un pacte secret qui n’appartient qu’à la graine et à sa terre. Elles feront tout : ne te laissant que le choix de t’inventer toi-même, t’engendrer parmi les amoureux des coteaux exposés au levant, t’appeler jardinier, si tu le veux, si tu le peux. Elles n’en n’ont cure.

À lire : Ces patients qui nous rendent la tâche difficile

Dès lors, tu arroseras de plus belle, parsèmeras de ton attention les recoins du jardin. Tu donneras beaucoup, recevras si peu. Et pourtant cela t’emplira d’une joie indicible. Tu admireras ta plante qui se dresse délicatement au-dessus du sol, tu t’émouvras de sa fragilité, et elle rira de ton émotion.

Des racines aux cimes

Plante qui pousse peut rapidement devenir herbe folle. Tu improviseras donc un tuteur pour l’élever haut dans le ciel. Avec les saisons, tu élagueras çà et là les branches difformes ou impropres. Tu éloigneras avec véhémence moucherons et pucerons. Puis tu arroseras, sans cesse, toujours, avec plus d’eau, plus longtemps. Et quand elle se fera indocile, ta plante, inlassablement, tu retourneras les feuilles vers le soleil, qu’elles se gorgent de lumière et de ciel. Elle en viendra à jurer contre le soleil, et toi, patiemment, tu garderas l’œil rivé vers ton but.

Puis les printemps succédant aux automnes, les feuillages verts faisant suite aux feuillages de feu, ta plante étendra ses bras au-dessus du jardin. Elle te tutoiera du haut des cimes et tu regarderas avec fierté ses branches se lancer à l’assaut du firmament. Elle se sera profondément ancrée dans le sol, plongeant ses racines dans les abîmes pour se nourrir goulûment de la générosité de la nature; elle aura découvert une quelconque nappe sous-terraine et n’attendra plus ton arrosage quotidien. Lorsque le soleil brillera fort, les dimanches tu goûteras ton pastis avec famille et amis, refaisant le monde encore et encore, assis à son ombre. Ta jolie plante sera devenue un arbre majestueux. Il portera du fruit, parce que c’est ce qu’attend tout jardinier de sa graine. Du fruit coloré et juteux. Ce jour-là tu seras fier car ton travail n’aura pas été vain.

Mais pour l’heure, tu es étendu, potassant un énième livre, ou consultant nonchalamment ton téléphone. Tu es si loin de t’imaginer que la plus grande aventure de toute ta vie vient de commencer : tu viens de faire l’amour, tu as planté ta graine. Un jardinier vient de naître.

À lire : Je suis divorcée et fatiguée


Je suis divorcée et fatiguée

Dans nos sociétés, les relations amoureuses sont devenues de plus en plus complexes et diverses. Malgré les progrès accomplis en termes d’égalité des sexes, certaines stigmatisations persistent. Parmi elles, les femmes divorcées sont souvent confrontées à des préjugés sociaux profondément ancrés.

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Je ne prendrai pas tes appels pendant un moment. Je lirai tes messages mais je n’y répondrai pas non plus. Je n’ai la force ni de m’épancher sur mes sentiments, ni d’écouter tes mots d’encouragement. Je suis fatiguée.

Ton ouverture d’esprit t’empêche de me juger et ton amour pour moi engendre continûment de l’espoir quant au changement de ma situation, mais je ne partage pas tes espérances. Mon cœur vide et mon esprit fatigué m’empêchent de partager ton optimisme.

Je suis allée au rendez-vous, comme les autres fois. Cette fois, avec plus d’enthousiasme que les autres. Sa sœur que j’ai rencontrée à la salle de gym ne m’a dit que du bien de lui. Nous nous sommes vite appréciées elle et moi et elle m’a parlé de son frère qui cherchait à construire quelque chose avec quelqu’un. Tu me connais. Avant même qu’elle ne fasse étalage des qualités de son frangin, j’ai opposé un refus. Je suis toujours gênée par ce genre de proposition. L’air de rien, ça me fait me sentir vulnérable ; comme un morceau de viande étalé sur le marché attendant le meilleur acheteur.

Mais je me suis laissée convaincre. On est toujours protectrice de nos frères. Autant on les trouve souvent abrutis et inaptes à fonder des relations solides, autant on souhaite le meilleur pour eux. Pour Amy, son frère n’était ni un abruti ni une énième confirmation du cliché de l’homme qui échoue dans ses relations. À travers sa sœur, j’ai commencé à m’attendrir pour un homme doux, ambitieux et protecteur de sa sœur depuis le décès de leurs parents. C’était un beau combo et j’avoue que voir sa photo a ajouté le push qui manquait pour que j’accepte enfin de lui parler. Il était plutôt bel homme et pendant un moment, j’ai cru lire dans ses yeux la douceur dont sa sœur parlait tant.

Nous nous sommes parlés pendant trois semaines presque sans arrêt avant qu’il ne m’invite à sortir. C’était l’une de ces rares fois où le courant passait immédiatement avec quelqu’un. Nous pouvions parler au téléphone durant des heures sans discontinuer. Ses blagues me tordaient de rire et j’étais admirative de son niveau de sensibilité. Je pouvais lui évoquer de petits événements sans gravité et le voir immédiatement revêtir son chapeau de résolveur de problèmes. Sa sœur avait raison ; il était un grand ours, sensible et protecteur.

Trois semaines c’est peu, mais c’est relativement long lorsqu’on parle quotidiennement avec quelqu’un. J’avais l’impression que je le connaissais depuis des mois. J’avais hâte, mais je redoutais aussi le moment de notre rencontre. Trois semaines c’est long, mais c’est relativement court. Nous ignorions plusieurs choses l’un sur l’autre et ce serait l’occasion de tout mettre sur la table. Passé un certain âge, le jeu de cache-cache n’est plus approprié.

Je suis arrivée au restaurant avec vingt minutes de retard. Je suis de nature ponctuelle mais j’ai intentionnellement pris mon temps. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas habillée et maquillée pour plaire. Je souriais bêtement en me regardant dans le miroir. J’étais contente du résultat. J’étais contente de rencontrer une personne avec laquelle je pourrais éventuellement construire quelque chose.

Adam était assis au fond de la salle. Un col roulé noir et une veste en velours couleur bleu marine. Il tripatouillait son téléphone d’une main et tenait un verre d’eau de l’autre. J’ai souri et salué une fois à son niveau et il m’a rendu le sourire le plus blanc qu’il m’ait été donné de voir. Je remercie les propriétaires du restaurant pour le choix de la lumière tamisée. Mon taux de mélanine ne m’empêche pas de rougir et il aurait tout de suite vu ma gêne et mon émoi.

Comment te dire ? C’est comme si je l’avais toujours connu. Avant et pendant le dîner, nous avons parlé de tout et de rien. Les mots sortaient naturellement, les rires étaient sincères, les regards se cherchaient. Il a entrepris après le dîner de me parler de choses moins joyeuses comme le décès prématuré de ses parents et sa protection maladive dès lors envers sa sœur. Son regard était chargé d’émotions différentes et il m’a demandé un sourire triste en coin si j’avais quelque chose de plus joyeux à raconter.

Nous étions à un moment de grande vulnérabilité. Il s’est ouvert et m’a confié des choses difficiles, j’ai décidé que c’était le moment de m’ouvrir sur une part douloureuse de ma vie. J’ai alors évoqué mon ex-mari. J’ai expliqué que j’avais été heureuse et que j’avais volé sur un petit nuage jusqu’au divorce.

J’avais vingt-cinq ans et j’épousais l’homme de ma vie. Nous étions jeunes, nous étions amoureux, et l’aveuglement de l’amour et de l’espoir qui l’accompagne toujours nous amène à fermer les yeux sur certaines failles. On se dit qu’on arrivera à changer l’autre et qu’au nom de l’amour, ces failles se fermeront naturellement. Tout à mes espoirs, je n’ai pas vu les nuages de malheur qui s’amoncelaient au-dessus de nos têtes.

Après le mariage, nous avons perdu notre fille juste après ses quatre ans et nous avons divorcé trois ans après ce malheur. Je n’exclus pas ma part de responsabilité. La gestion d’un deuil est différente d’une personne à l’autre et ma difficulté à traverser ce cap l’a peut-être poussé dans les bras de celle pour laquelle il est parti.

Maman, je ne m’attendais pas à ce qu’Adam me prenne dans ses bras ou compatisse avec des larmes à mon histoire, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il ne retienne que le mot divorce de tout mon discours. Il a présenté des condoléances expéditives pour la perte de ma fille et il m’a demandé si j’avais essayé de retenir mon ex-mari. Il m’a demandé pourquoi est-ce que je n’ai pas mentionné le divorce dès le début de nos échanges. Il m’a demandé si j’étais encore en contact avec mon ex-mari et ma réponse négative à cette question ne l’a pas empêché de sortir le discours qui semblait être préparé depuis qu’il a entendu parler de divorce.

Ses mains croisées sur la table, il m’a expliqué calmement qu’il ne pouvait pas envisager d’avenir avec une femme divorcée. Il m’a expliqué qu’il n’a jamais été marié et qu’il souhaitait vivre cette expérience avec quelqu’un qui comme lui, ne l’avait jamais été. Il m’a dit qu’il comprenait que ce ne soit pas la première chose qu’on souhaite évoquer lorsqu’on commence à parler avec un potentiel prétendant mais il aurait souhaité tuer cette romance avant qu’elle n’éclore. Il a quitté la table et m’a demandé de l’excuser.

Je ne lui en veux pas maman, mais je suis fatiguée. Il n’est pas le premier homme que je rencontre après le divorce. Je n’ai jamais caché mon statut de divorcée. J’ai toujours essayé d’évaluer le moment adéquat pour en parler. Certains l’ont su dès les premières minutes et d’autres comme Adam l’ont appris à peine quelques semaines plus tard. Mais qu’est-ce que ça a changé ? Tous ont avancé à leur manière, les raisons pour lesquelles une union avec une femme divorcée ne les intéressait pas.

Je comprends qu’on ait tous nos critères mais je suis fatiguée d’essayer. Je suis fatiguée qu’on suppose toujours que mon divorce vient du fait que je n’ai pas su retenir mon mari. Peut-être étais-je une femme infertile ? Insoumise ? Trop docile ? Pas assez affriolante pour mon mari ? Les spéculations vont bon train, mais jamais une ne se conclue en ma faveur.

Je suis fatiguée maman. Je sais que mon ex-mari a refait sa vie et que tu souhaites que j’en fasse autant. Il a eu une autre fille avec la femme pour laquelle il m’a quittée mais il en a épousé une autre. Être divorcé et père d’une enfant adultérin ne l’a pas empêché d’épouser un bon parti. Ma valeur quant à moi, comme celles de millions de divorcées, a drastiquement baissé sur le marché et rien ne semble jouer en ma faveur.

Je sais qu’il existe des hommes qui ne considéreront pas mon divorce comme un handicap. Tu me diras de garder espoir et de continuer à y croire. Tu me diras qu’à trente-six ans j’ai encore la vie devant moi et que le meilleur reste à venir. Mais je suis fatiguée maman. Aujourd’hui je n’ai pas la force d’essayer. Je n’ai pas la force de rêver. Je ramasse encore les morceaux de mon cœur brisé et il me faudra du temps pour le ranimer.

Prie pour moi et laisse-moi te rappeler plus tard. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui je suis fatiguée.


Ces patients qui nous rendent la tâche difficile

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Il est fréquent de voir des patients invectiver les praticiens hospitaliers dans leur dos – car ils ont rarement le courage de le faire en face – qui pour les blâmer du décès de leur proche, qui pour se plaindre du coût des examens demandés, qui pour se plaindre de l’inefficacité de la thérapie, qui pour se plaindre de la cherté de l’ordonnance.

Le processus de guérison dépend quasi-exclusivement du malade. Le seul rôle du médecin est de diagnostiquer, conseiller et faire un suivi. En effet, le médecin montre la voie de la guérison, il appartient seul au malade de la suivre ou de faire selon sa volonté. Le médecin n’est pas un baby-sitter.

Ces patients qui ne suivent pas leur traitement par caprice

Je me sens bien. Je peux arrêter mon traitement même si le médecin a dit sur 8 jours. Nombreux sont les personnes qui disent pareilles inepties. Il faut une durée donnée pour qu’un traitement soit efficace, pour éradiquer complètement l’agent pathogène de l’organisme. Ce n’est pas parce que vous vous sentez bien au bout de deux jours de traitement que vous pouvez vous permettre de laisser tomber les jours restants. Si le même mal réapparait au bout de quelques semaines, d’aucuns diront que le traitement a été inefficace et diront du médecin qu’il est incompétent, faisant fi de leur seule et unique responsabilité. A eux seuls la faute !

Les raisons poussant les patients à ne pas adhérer à une thérapie sont diverses, mauvais goût du médicament, effets secondaires désagréables (prurit, rash cutanés, urticaires …etc.), traitement trop cher, manque de ressources financières, caprices personnels, mauvaises compréhensions des conséquences de non-adhésion aux recommandations du médecin … etc.

Pour les cas de médicaments chers, le médecin s’efforcera dans la mesure du possible à prescrire des génériques (généralement moins chers). Par ailleurs les centres de santé publics (CHU, CHR) disposent de services sociaux pour aider la population à supporter les frais liés aux soins médicaux. Peu de personnes le savent !

La non-adhésion des patients aux recommandations du médecin sont frustrantes pour celui-ci et dangereux pour le patient lui-même. Cela aura pour conséquences des coûts supplémentaires pour le système médical (cas du programme national de lutte contre le VIH – SIDA) en raison d’une augmentation des complications et des hospitalisations, des possibilités de résistances de l’agent pathogène au médicament (cas des antibiotiques) … etc.

Améliorer l’adhésion du patient au traitement apparait comme la solution salvatrice pour sauver plus de vies et réduire les coûts de prise en charge médicale des populations.

Prenons deux cas concrets en exemple :

Cas 1 : Un patient obèse dont les résultats à l’épreuve d’effort était négatif se présente à l’urgence en raison d’une douleur au thorax localisé derrière le sternum apparu à la suite d’un repas généreux et bien arrosé. L’ECG révèle des altérations non spécifiques et l’analyse des marqueurs cardiaques, ainsi que les résultats de télémétrie sont normaux. Un diagnostic d’œsophagite peptique est posé. Le lendemain le patient est de nouveau évalué au cabinet du médecin. Le patient ne se plaint que de douleurs quand il mange. Un diagnostic de reflux gastro-œsophagien est posé. Le médecin discute avec le patient de facteurs de risque de maladie cardiaque à savoir : le stress et la consommation excessive d’alcool. Il lui recommande de subir une épreuve d’effort cardiaque ainsi que de consulter un cardiologue et un gastro-entérologue. Le patient refuse. Quelques semaines plus tard le patient décède d’une crise cardiaque.

Cas 2 : Un patient féminin âgé de 23 ans se présente à l’hôpital pour raison de fièvre, courbature, non-satisfaction après miction et douleurs lors de la miction. Les examens ont révélé une infection du tractus urinaire. La recommandation du médecin préconise une antibiothérapie sur 14 jours. Après 7 jours de traitement, le patient décide unilatéralement d’arrêter son traitement parce qu’il se sent mieux. 3 mois après, rebelote ! Même infection, même comportement du patient. Au bout de la 11ième infection identique, l’antibiothérapie ne répond plus. Ceci a pour conséquence l’utilisation d’un antibiotique beaucoup plus cher.

On déduit de ces deux cas réels, que les consignes d’un médecin sont à suivre à la lettre pour notre propre survie et bien-être.

Ces patients qui attendent que le mal s’empire avant de se rendre à l’hôpital

Il y a ce lot de personnes qui éprouvent mes nerfs de par leur bêtise. Le réflexe de consulter, de se rendre chez un professionnel de santé est la chose à faire quand un mal nous tient aussi anodin soit-il. Il appartient au professionnel de santé de déterminer le caractère anodin ou non de ce mal. N’attendez pas d’être dans un état grave avant de vous rendre à l’hôpital. Nous hôpitaux ici ne disposent pas des ressources nécessaires à la prise en charge de certaines urgences (AVC par exemple). Faites un bilan de santé au moins une fois l’an, même si vous vous trouvez en excellente santé. Ne faites jamais d’économies sur votre santé. Faites du sport. Mettez de la vie, de la jeunesse dans vos organes car vous le valez bien.

Bien à vous.

Ma parole est tombée !

 


Le e-Gouv : Un pari du futur ?

Credit Photo : https://service-public.gouv.tg/

Le chantier du numérique est lancé dans notre pays. Une série d’initiatives novatrices sont prises dans ce sens par le gouvernement. La plus récente qu’est l’opérationnalisation du projet e-gouvernement, date du 24 Avril 2017.

Lorsqu’un pays nourrit l’ambition de grandir, de mûrir et d’exister parmi les autres nations, comme une entité qu’on doit respecter, comme une entité à considérer, ses gouvernants se doivent de faire des choix audacieux à la hauteur des défis de notre monde actuel. La Politique numérique du Togo reconnaît l’importance de doter les bâtiments publics (Campus universitaires, CHU, les institutions de la république, les ministères, etc.) d’un réseau haut débit, rapprochant ainsi l’administration publique des usagers en assurant un accès rapide et fiabilisé à l’information étatique au profit du progrès social et économique.

Il revient au ministère en charge de ce projet, en l’occurrence le ministère des postes et télécommunications de mettre sur pied les stratégies appropriées à la réussite de sa mission, en communiquant suffisamment autour de la chose et en se montrant dynamique, inventif, innovant, efficace.

Ainsi le 17 mai 2017, suite à une invitation dudit ministère, une trentaine de blogueurs, influenceurs, et créateurs de contenu se sont rendus dans ses locaux pour une séance de sensibilisation et d’information sur le réseau e-gouvernement.

QUID DE CETTE SEANCE DE SENSIBILISATION ET D’INFORMATION ?

Le projet e-gouvernement comprend deux phases. La première phase consiste à relier tous les bâtiments publics des deux principales villes du Togo que sont Lomé et Kara, par le biais de 250 km de fibre optique à une centrale informatique abritant les applications et autres outils virtuels utilisés par les différentes administrations. Ainsi chaque utilisateur se connectant à ce réseau peut accéder aux contenus de son administration et des autres administrations. Ceci facilite ainsi grandement son travail et supprime le temps d’attente des demandes de document d’une administration à l’autre.

La phase 2 consistera à relier à ce réseaux les autres bâtiments publics des autres villes du pays.

Pour faire plus simple, le e-gouvernement consiste à dématérialiser l’administration togolaise en numérisant tous les contenus de l’administration public, réduisant ainsi les formalités au réel. L’ère du numérique dit-on.

Credit Photo : Ministère des postes et de l’Économie numérique – TOGO

LES VILAINS, LEVEZ LE DOIGT !

Ce qui est à déplorer dans l’administration public est la nonchalance et le manque de conscience professionnel dont font preuve les agents publics. Mettre à la disposition de telles personnes une connexion internet haut débit est une incitation au travail buissonnière. La preuve : Selon le Ministère des Postes et de l’Economie Numérique, nous avons onze mille utilisateurs connectés sur la plateforme e-gouvernement en journée. La majorité de ces 11 000 terminaux sont des Android. C’est dire que la majorité des agents publics se servent du réseau pour vaquer à leurs affaires, téléchargements et causeries personnels. N’est pas un crime que de se servir des moyens de l’Etat dans ses intérêts propres ? Les administrations abritent donc plus de terminaux Android que de PC sous Windows, linux ou Mac OS. L’administration public comme elle va …

LA DICHOTOMIE DU E-Gouv

En dotant certains lycées publics du réseau e-Gouv, l’Etat a pour dessein de leur fournir un cadre et un support, permettant le suivi électronique des élèves par les parents et enseignants. C’est bien beau tout ça. L’intention y est, mais les résultats ne seront pas au rendez-vous. L’intention ne compte pas. Seuls importent les résultats.

La scolarité dans ces établissements publics est inférieure à  20 000 F CFA. Une scolarité que peine à payer la majorité des parents. De telles personnes ont-elles les moyens de s’offrir un ordinateur à 300 000 F CFA pour suivre l’évolution scolaire de leurs enfants ? Même après la défiscalisation des équipements numériques au Togo, seront-ils accessibles à cette population qui vit d’un salaire inférieur à 70 000 F CFA le mois ? D’aucuns diront qu’il est possible de faire cela à partir d’un téléphone Android coutant dix fois moins chers. Soit !

A une ère où beaucoup sont encore des analphabètes modernes, le projet e-Gouv semble avoir été conçu pour une minorité alors que d’autres chantiers de développement notamment l’amélioration de la vitesse de la connexion internet et la diminution des coûts de connexion au Togo semblent beaucoup plus pertinents.

LE PROJET VIENT DE NAÎTRE. NE LUI COUPONS PAS L’OXYGENE.

Avec le e-Gouv, l’Etat fait un pari d’avenir. C’est un projet pionnier dont les applications seront nombreuses dans les années à venir. Il incitera la population à s’intéresser aux TICS, afin de se faciliter la vie. Ceci aura pour impact premier dans une dizaine d’années un plus grand nombre de personnes connectés. L’on parle de #Tic4Dev

Les efforts que fournit Madame la Ministre Cina LAWSON depuis sa nomination en 2010, sont à louer. Faire ce qu’elle fait avec les moyens à sa disposition, les contraintes humaines et financières, relèverait pour certains d’une mission impossible. Cette femme milite pour l’évolution technologique de notre nation. Entre les idées et la réalisation, il y a la bonne volonté et les moyens.

Du reste, le vin est tiré. Il faut bien le boire.

Le site : https://service-public.gouv.tg/

Ma parole est tombée !


Le bureau ? Mon bureau ? OK, le bureau.

Le bureau ? Mon bureau ? OK, le bureau.

Tas de documents posé sur ma table de travail. A côté, se trouve l’œuvre « Les lèvres éphémères » de Renaud reçu de ses mains hier matin. Mon ordinateur, la souris sans fil, un document résumant ma dernière commande en ligne, un sachet d’eau bu au trois-quarts. Un écouteur blanc des industries TECNO jouxtant le portable de même marque. Un papier A4 sur lequel Flavia devait écrire ses engagements.

À gauche, l’imprimante prend la poussière, une carte Sim et une carte mémoire retirée de mon SONY traine sur le bloc de papier A4, mon carnet de vaccination, quelques livres envoyés de France par Jean-Pierre. Une corde à sauter acheté à RAMCO dont je ne me suis jamais servi. Je l’utiliserai quand me viendra réellement la volonté de perdre du poids.

Mon bureau ? Non. Le bureau, c’est cette table-banc où je m’assois en amphithéâtre pour assister à mes cours. C’est cette salle d’opération où j’assiste le chirurgien pour ses opérations. Scalpel, écarteur, lame de 10, lame de 15, aspirez ! C’est ma géolocalisation exacte, au millimètre près dans ces officines, où je délivre les médicaments au malade. C’est cette paillasse au laboratoire, où je fais la préparation des selles, cette paillasse où je fais les prélèvements et les différents tests biologiques. C’est cette salle qui me sert de boutique à Assigamé (Grand marché de Lomé).

Le support de travail, le plan de travail : le tableau noir, le tableau blanc, l’ardoise, les murs, les toiles, l’ordinateur fixe ou mobile, la tablette, le cahier, la calculatrice, l’appareil photo, parfois le téléphone ou le carnet qu’on ne finira jamais, on le sait.

Les supports amovibles, le disque dur externes, les clefs USB, les cartes mémoires, séquestres ces documents, ces photos, ces musiques, vidéos sur lesquelles nous avons travaillé en groupe ou seul dans un taxi, un parc, pendant une fête.

Mon bureau tient dans un sac, un disque dur, tient dans la main. Le bureau est en ligne, dans les nuages, il transite par des satellites géostationnaires, des câbles sous-marins, des fermes de données, stocké dans des machines aux quatre coins du monde, équipées de processeurs qui comportent entre quatre et dix cœurs, ce qui est plus que l’on n’aura jamais. Mon bureau tient aussi dans ma tête.

Notre bureau se déplace et se mue au gré de notre volonté. Le bureau est physique, psychique, virtuel. L’auteur lui-même est nomade, il virtualise les données, il est à l’écoute des signaux faibles, échafaude des milliers de scénarios dynamiques à force d’idées qu’il oublie parfois presque aussitôt. Stratégie de création. Souvent, on ne le comprend pas, et il n’a plus le temps d’expliquer : « Cette chose est magnifique. L’ai-je réellement fait moi-même ? » Il repense à ça. Parfois il se sent seul, mais il sait sa solitude partagée.

Le bureau est ce lieu où l’on travail. Selon que l’on passe d’une activité à une autre, d’une identité à une autre le bureau change. Mais le seul vrai bureau reste immobile, toujours présents en soi. Ce bureau c’est notre esprit.

Le bureau ? Il n’y a pas de bureau. Le bureau est partout.